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Kamouraska est une œuvre d’introspection née de la rencontre entre la littérature québécoise et mon ancien métier d’élagueur. Ce mandalala organique, aux teintes automnales, explore les cernes de croissance des arbres comme autant de mémoires de vie. Une pièce puissante, réalisée intégralement à main levée, qui célèbre la résilience de la nature et la poésie sauvage de Gabrielle Filteau-Chiba.
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– Titre : Kamouraska
– Dimensions : 76 x 59 cm
– Support : Plaque d’isorel de 5 mm collée sur cadre en tasseaux de bois (3 cm d’épaisseur)
– Technique : Acrylique au pinceau pour les aplats, détails aux feutres de précision
– Processus : Tracés à main levée au crayon gris sans outils numériques
– Inspiration : Univers de Gabrielle Filteau-Chiba et métabolisme végétal
Après avoir travaillé sur des œuvres plus denses comme Hybride, j’ai ressenti le besoin viscéral de m’alléger l’esprit. Kamouraska est né de cette volonté de mettre de côté la réflexion pour laisser toute la place à l’intuition. Retourner aux mandalalas et à leur abstraction, c’est s’offrir un instant de grâce salvatrice, une pause indispensable dans le tumulte du quotidien et des impératifs familiaux. C’est un tableau qui respire, créé pour reposer la tête et le regard.
Le déclic est venu d’un choc littéraire. Transporté par la plume de Chloé Delaume puis par la trilogie de Gabrielle Filteau-Chiba, j’ai été bercé par le phrasé québécois, son vocabulaire singulier et sa force décomplexée. Kamouraska est le nom du lieu où se déroule cette épopée sauvage. C’est un hommage à l’écriture qui sauve et à ces autrices qui investissent leurs royalties pour protéger des lopins de forêt contre l’industrie pétrolière. Une illustration du roman m’a sauté au visage, devenant le point de départ de cette exploration organique.
Ce tableau a réveillé en moi les souvenirs de ma formation en biologie végétale et de mes dix années passées comme élagueur. J’ai trop souvent été le bourreau des arbres, contraint de les tailler pour dégager une vue ou éviter des feuilles mortes dans une piscine. Kamouraska est ma tentative de me racheter. En peignant ces cernes, je rends hommage à la mémoire de l’arbre, à son système racinaire et à sa mobilité propre. On y lit les saisons, les sécheresses et la solidité du duramen. C’est mon amour inconditionnel pour ces végétaux ancestraux qui s’exprime ici.
Le processus a été long, un mois de travail minutieux pour obtenir des aplats parfaitement homogènes. J’ai choisi des couleurs plus automnales que d’habitude, déclinées sur des cernes aux motifs anguleux et droits, fuyant volontairement les arrondis sauf en son cœur et son écorce. Chaque detail au noir et blanc vient rehausser la teinte du fond. Le titre, suggéré par ma Douce, est parfait : il contient le mot « amour » et scelle mon respect pour l’œuvre de Filteau-Chiba. C’est un équilibre fragile entre vie de famille et survie créative.
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