Hybride : entre chouette et hibou
Dès le début de ce projet, je me suis sans cesse demandé quelle en était la signification. Une indécrottable envie de développer ces espèces d’hybrides entre chouette et hibou, sans réellement en saisir la substantifique moelle. J’ai rogné l’os jusqu’à la rédaction de cet article, sans trouver la réponse. Quelques pistes se sont présentées sans qu’un lien véritable soit établi entre mes intentions créatives et le résultat final. Il me reste toujours ce questionnement : interpréter ou non mes réalisations. Au risque de limiter le regard du spectateur, ou de perdre mon temps dans les tréfonds d’explications imbitables. Apparemment, j’ai choisi cette voie.
Un rêve persistant
Depuis ce rêve datant d’au moins quatre ans, où cette espèce de volatile m’est apparue, je n’en décroche pas. Trois tableaux sur ce thème, il est probable que le dernier sera celui qui me satisfera entièrement. Mais, je le confesse, l’objectif n’est pas encore atteint. L’image du rêve s’estompe au fil des années, il n’en reste qu’un souvenir brumeux. Il est possible aussi que je passe à autre chose.
Entre mandalalas et dégradés
Après « Sortir du trou », satisfait d’avoir réussi mes dégradés de lumière perçant les nuages, l’envie de reproduire cette technique me titillait les pinceaux. Les nombreux mandalalas commençaient à me taper sur le système nerveux. Une pause était indispensable. Malgré tout, l’affaire ne fut pas évidente. J’ai dû m’y reprendre à trois fois avant d’en être satisfait. Le support a failli finir plus lourd en couches de peinture qu’en tasseaux de bois et isorel tellement j’ai essuyé d’échecs (cf. article « dégradé(s) »).
Un cheminement au long cours
Le tout premier tableau en lien avec ce thème a été réalisé en 2021. Un second, peint en octobre 2023 (lien ici), ne m’a toujours pas comblé dans mes exigences. Je souhaitais approfondir mon obsession, mais avec des couleurs différentes et intégrer de nouveau l’imagerie de l’arbre de manière plus accentuée.
Animal totem ?
Face à ma frustration de ne pouvoir expliquer « Hybride », ma Douce a ironisé : « Ben, c’est ton animal totem ». Évidemment, j’ai rechigné sur cette approche new age. Mais j’ai tout de même consulté la symbolique de ces oiseaux : sagesse, mystère, intelligence, protection… Rien de tout cela ne colle réellement avec ma personne. J’ai vite arrêté mes recherches tant le mercantilisme des sites me rebutait.
Un tableau sans explication définitive
Il me faut donc accepter de n’avoir aucune idée précise de mes intentions artistiques. Sinon celle de sortir de ma zone de confort, explorer un style, des couleurs et des techniques différentes. Malgré le froid humide de l’atelier, les dégradés ratés, les phases dépressives, ce tableau remporte la palme du temps passé sur une œuvre.
Explications du pourquoi, du comment
L’idée : continuer sur ma lancée des chouettes/hiboux, m’éloigner des mandalalas, jouer sur le dégradé en fond et intégrer des branches d’arbre. Sans doute du fait de ce rêve, de mon attachement aux arbres, et de la volonté d’intégrer le monde animal dans mon travail. Peut-être aussi en écho à l’époque anxiogène que nous traversons et à l’environnement que nous grignotons un peu plus chaque jour.
Un travail préparatoire minutieux
Comme toujours, j’ai commencé par des esquisses sur tablette. L’oiseau mauve est une idée de mon Amoureuse. Rien que cette étape m’a pris quarante heures. Ensuite, préparation du support en isorel, dégradés multiples, projection des contours via vidéoprojecteur, puis repassage au feutre blanc pour ne pas perdre mes traits. Les aplats de couleurs ont ensuite demandé trois couches chacun. Les contours noirs, une seule. Le blanc, deux minimum. Les pointillés, un seul passage.
Un travail de longue haleine
Avec le retour du temps plus clément, j’ai pu avancer sans transbahuter mon matériel dans la maison. Impossible d’évaluer le temps total passé sur la peinture tant il fut morcelé par mon quotidien. Mais je peux dire que ça a été looooooong. Au final, un grand « YES ! » est sorti de ma bouche quand j’ai posé ma signature.
Hop, je vais pouvoir passer à autre chose.
Caresses et bécots à l’œil.
P.S : les photos de l’évolution du tableau et une vidéo pour le plaisir.